À PROPOS DE MOI

GIL Alexandre, étudiant à l’école Magnum Institute de Bordeaux, spécialisée dans les vins et les spiritueux.

Etant étudiant en école de commerce et de e-marketing, je vous emmène à travers cette page en plein cœur de la culture du vin Portugais.

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Le vin au Portugal, une merveille méconnue

Il est terriblement français de croire que nous possédons la recette ultime dans nos vignes et nos chais pour créer « Le » meilleure vin du monde. Je commencerai l’écriture de cette page par vous dire qu’il n’existe aucun secret ni aucune recette magique dans ce produit. Le vin est une histoire de plaisir et d’amour entre vous et vous-même ! Car si nous sommes égaux en droit dans notre cher pays, nous avons aussi le droit d’être différents dans nos sens et dans la perception des goûts. Quoi qu’il en soit, durant mon expérience de 2 mois au Portugal j’ai essayé de mettre mon chauvinisme de côté pour m’ouvrir sur une nouvelle culture vinicole.

Composé de 14 régions viticoles, plus de 250 cépages autochtones et 250 000 hectares de vignes, le Portugal n’est pas sans reste dans le domaine du vin. Un endroit d’autant plus fascinant par la diversité de ses régions, de ses climats et de ses sols, que par les techniques ancestrales et artisanales utilisées. A titre d’exemple, il est encore possible de voir certaines exploitations pressant le raisin avec les pieds, directement après les vendanges. Après s’être entretenu avec l’un des ouvriers, on comprends que cela est fait pour ne pas « stressé » le fruit dans l’extraction de son jus, enlevant une part d’acidité et renforçant l’oxydation lors de la fermentation. Dans la région de l’Alentejo, au Sud-Est du Portugal, certaines exploitations comme à la « Herdade Dos Los Outeiros » pratiquent encore la fermentation du raisin en amphore, comme cela se faisait il y a plus de 2000 ans.

Ce qui m’a le plus marqué dans ce pays, c’est la volonté de vouloir garder une identité et un savoir faire pour le travail de la terre, plus que de la quantité. Les exploitations peuvent monter jusqu’à 500 ou 600 hectares de vignes pour un producteur, mais avec une récolte équivalente à une exploitation de 80 ou 100 hectares en France.

Parlons maintenant du climat. On peut croire à première vue que le Portugal est une région plutôt sèche, chaude et très ensoleillée. On aurait pas tout à fait tort mais ce n’est pas si simple que ça. En effet, les régions de l’Alentejo et de l’Algarve sont les régions les plus chaudes et sèches mais il existe une grande diversité pour les autres. Le Douro, par exemple, région la plus connue de tous pour ses fabuleux vins ainsi que ses Porto, reste une région très humide, où les vignes sont plantées sur versant de colline. Cela donne en général un vin très frais, avec une bonne acidité profitant d’un soleil permanent malgré la fraîcheur. Dirigeons nous maintenant dans la région du « Vinho Verde« . Je vais tout de suite casser le mythe du fameux « vin vert » du Portugal. Ce type de vin n’existe pas. La région « Vinho Verde » s’appelle ainsi car c’est justement une région très verte, où il pleut beaucoup, avec un climat très humide (un temps semblable à celui de Bordeaux).

Le sol peut aussi beaucoup changer d’une vigne à l’autre. Le vin Portugais possède une belle acidité en bouche, ce n’est pas du uniquement au travail du chais, mais surtout grâce au schiste, au granite, au calcaire etc… tout ce contraste de sols dont regorge ce pays.

Pour résumer, je dirai que la diversité, qui règne au Portugal, dans toutes les caractéristiques que peut posséder un vin (terroirs, cépages et travail de l’Homme), est une réelle force. Je trouve dommage que ce vin ne soit pas plus exporté. Je pense que les vignerons Portugais possèdent une vraie force commerciale dans leur authenticité et dans leurs typicités. On les retrouve dans la bouteille que l’on ouvre ou lorsque l’on échange avec les vignerons locaux. En développant peut-être un peu plus l’œnotourisme, cela pourrait leur ouvrir les portes du monde. Car oui, j’aimerais pouvoir trouver à la carte des restaurants en France, des très bons vins de l’Alentejo !

Au cœur de la région du Douro

D’un point de vu international, il est vrai que la région du Douro est peut-être la plus connue. Historiquement, cette région est appelée « Porto e Douro » car c’est dans ces vignes que sont élevés les raisins pour la production de la boisson « Porto« . Grâce à l’essor commercial des anglais au 18ième siècle, cette région s’est beaucoup développée pour devenir une référence mondiale dans les vins Portugais. Mais l’objet de cet article n’est pas sur le vin de « Porto mais plutôt sur le vin propre à la vallée du Douro.

La culture vinicole est très particulière ici. Car s’il y a environ 40 000 hectares de vignes, il y a en même temps, presque 30 000 vignerons à les travailler. Et oui, dans cette région, chacun possède environ ses 1 ou 2 hectares de vignes, dont il revend ensuite la récolte à quelques grandes maisons qui elles, produisent le vin et le commercialisent. C’est grâce à cela qu’une grande qualité dans le travail de la vigne peut se faire ressentir. Sur un seul hectare, chacun essaie de faire en sorte, tout au long de l’année, de produire un raisin le plus parfait possible !

Ajoutons à cela la géographie de cette région. Très vallonée, avec des sols à majorité de schiste et séparée en 2 par un long fleuve, elle donne un terroir unique et spécial. Bien orientées, les vignes sur versant de colline jouissent d’une luminosité quasi permanente sous un climat très humide et pluvieux. C’est pourquoi les vins du Douro sont souvent très « sombres » et très « rubis » dans la couleur (grâce au soleil) mais très frais en bouche. Une belle acidité vient compléter le tout grâce aux sols de schiste, me rappelant un peu les vins blancs du Pouilly-Fumé, pour donner une comparaison française.

Allez, je vous emmène maintenant dans un domaine au coeur de la vallée du Douro. « Quinta de La Rosa » est le sixième plus grand vignoble de cette région. Implanté au pied du fleuve du Douro et sur versant de colline, le plus marquant lorsque nous arrivons est de voir la modernité au cœur d’une région ancestrale. La simplicité est telle que nous n’avons pas du tout l’impression d’être dans un domaine à la limite de « l’usine », avec de grands bâtiments, de grandes cuves etc… . Plongés dans un décor tout blanc, on aperçoit même sur le côté une 4L servant encore aux ouvriers pour aller dans les vignes ! C’est vous dire à quel point nous avons l’impression d’être chez un petit producteur local.

La surprise vient lorsque nous ouvrons les portes du chais. En réalité ce dernier est sur plusieurs étages. Nous pouvons voir que plusieurs techniques de vinifications sont utilisées. Il y a de grands pressoirs manuels (là où l’on presse le raisin avec les pieds) mais aussi des pressoirs mécaniques. Le vin est ensuite vieilli de plusieurs façons, soit dans de grandes cuves en inox soit dans des tonneaux. Les tonneaux parlons-en ; si la spécialité au Portugal est la production de liège, pour le bois on se dirige plutôt sur du chêne français. Dans ce chais, 80% des tonneaux utilisés sont de deuxième mains, provenant tout droit de Cognac, d’Alsace, de Bordeaux etc… .

Après avoir discuté avec le responsable une vingtaine de minutes, place à la dégustation. Avec la visite, 3 vins et 2 Portos nous sont présentés. Un assortiment nous est proposé allant du blanc jusqu’au rouge, ainsi qu’un jeune Porto et un millésimé. Avec la présentation nous pouvons vraiment nous rendre compte de tout le travail et de toute la culture qui se cachent derrière. Malgré la pluie et le brouillard, il est essentiel d’aller dans cette région si on veut en prendre plein la vue et en apprendre tout un rayon sur le vin Portugais ! Et surtout, n’hésitez pas à vous perdre un petit peu, car les merveilles peuvent parfois être bien cachées.

Un tour dans l’Alentejo !

C’est peut-être la région qui m’a la plus impressionnée dans ce voyage au Portugal. Dans l’agriculture de ce pays 3 produits sont essentiellement travaillés : le vin, l’huile d’olive et les oranges. Ici, nous retrouvons les 3 à perte de vue ! Etant la région la plus grande, c’est aussi le grenier de ce pays car elle alimente à elle seule presque tout le Portugal. Si vous souhaitez vous couper de la vie urbaine c’est bel et bien ici qu’il faut partir en voyage. Pour ne parler que du vin, à l’image des autres régions, l’Alentejo possède aussi des cépages autochtones comme le « Tinta roriz » pour les rouges ou le « Fernao Pires » pour les blancs. Mais c’est lorsque l’on visite les exploitations que l’on se rend compte à quel point le savoir faire tient une part importante. Comme expliqué en introduction, dans cette région on retrouve encore quelques exploitations qui fermentent le vin en amphore.

En terme de climat c’est l’exact contraire de la vallée du Douro ou des régions du Nord en général. On se rapproche plus du climat Méditerranéen, chaud sec et avec beaucoup de soleil. Il y a d’ailleurs de plus en plus de problèmes de sécheresse, préoccupant beaucoup les agriculteurs locaux. La preuve en est, la photo prise ci-jointe a été réalisée au mois de février par une belle après-midi ensoleillée sous 24 degrés.

J’ai la chance, durant mon séjour, de pouvoir visiter l’une des plus grande maison des vins Portugais : Le vin de Esporao ! Avec 3 domaines viticoles dans le Douro, le Vinho Verde et l’Alentejo, cette maison est une des plus connues et des plus présente dans le pays. La « Herdade de Esporao » dans l’Alentejo compte pas moins de 1500 hectares d’exploitations avec plus de 700 hectares de vignes. Plongé au coeur d’un terroir ancestrale, la culture et l’histoire fait partie intégrante de cet endroit. Nous apercevons à notre arrivé une église datant du du 13ième siècle et un olivier vieux de 2000 ans. Au delà des 11 millions de bouteilles produites chaque année, l’œnotourisme culturel en tout genre est une volonté accrue des dirigeants. Des visites guidés, un restaurant étoilé, des activités festives en musique etc… . La plus grande volonté est d’ouvrir les portes viticoles du Portugal au monde entier ! Car lorsque l’on visite le chais et la cave nous voyons que ce terroir regorge de secrets…

Le chais parlons-en. Cuve en ciment, cuves en argile, pressoirs manuels, élevage en amphore etc… Autant de techniques utilisés pour élaborer une gamme de vin large et variée. Il y en a réellement pour tous les goûts, toutes les couleurs et tous les prix. Partant d’un vin de 1ère gamme, travaillé en cave à un vin élevé et affiné en barrique ou en amphore, la complexité change mais l’idée reste la même.

Nous retrouvons cette belle acidité en bouche provenant du sol avec une puissance et une couleur très rouge, influencée par le climat, chaud et ensoleillé. La cave où sont entreposés les barriques pour faire vieillir le vin est immense. Sur plusieurs étages, l’humidité est sensiblement contrôlé afin de donner un goût particulier au vin, en fonction de sa disposition, sur plusieurs étages. Car oui tout est réfléchi pour créer un vin d’excellence pouvant largement concurrencer des exploitations de renom, à mon humble avis !

On retrouve même cette volonté de mettre en avant l’histoire à travers le marketing, avec des étiquettes montrant le terroir et le vignoble à plusieurs époques différentes.

Contrairement à ce que j’ai pu constater dans la vallée du Douro, où chacun possédait 1 ou 2 hectares de vignes, on est ici dans quelque chose de très différent. Mais ce n’est certainement pas un défaut, bien au contraire. Cela montre qu’il existe différentes cultures et façons de faire au sein même d’un pays. Le Portugal a été pour moi une grande découverte au niveau du vin mais aussi au niveau de la culture. Depuis peu l’œnotourisme se développe mais je pense que la typicité, la technique et le terroir de ce pays peuvent jouer grandement dans le commerce mondial du vin. « L’authentique » est quelque chose de très recherché. Au-delà d’un goût ou d’un aspect, on aime que l’on nous raconte une histoire. Et les vignobles Portugais ont beaucoup de choses à nous conter !

Pour aller plus loin…

Je vous présente en image quelques une des bouteilles de vin et de Porto que j’ai pu déguster et apprécier pendant ce voyage ! n’hésitez pas à prendre des notes si vous souhaitez aller au Portugal…